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Mardi 02 Juin 2015

La pauvreté des ménages : quelles répartition et conséquences pour les collectivités ?

Les centres urbains sont aussi des centres de pauvreté. Contrairement à certaines idées reçues, l’étude nationale de l’INSEE publiée aujourd’hui témoigne d’une répartition de la pauvreté concentrée sur les villes centres, plus que dans les zones rurales. Plus des trois quarts de la population pauvre résident dans les grandes aires urbaines de métropole. 

Du Nord au Sud… en passant par la Seine-Saint-Denis. 

Six régions et un département sont particulièrement touchés par la pauvreté, sans bénéficier de la présence d’aires urbaines sur leur territoire. Les régions Auvergne, Corse Languedoc-Roussillon, Limousin, Nord-Pas de Calais et Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que le département de Seine-Saint-Denis concentrent des communes dont plus de 20 % de la population touchent moins de 990 € par mois.

La présence de centres urbains, qui à la fois concentrent la pauvreté mais créent de la richesse reçue par des populations qui s’installent autour, ne fonctionne pas dans ces régions. Si l’aire urbaine de Toulouse constitue un pôle de richesse à proximité de ces régions, tel n’est pas le cas de Béziers ou de Perpignan. Le cas de Marseille est topique : la ville centre accueille les populations les plus pauvres (66 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans l’aire urbaine vivent à Marseille) mais la couronne de l’aire urbaine n’en compte pas ou peu (5,1 %). Lille et Paris se trouvent dans des situations comparables, mais avec une concentration de la pauvreté dans la banlieue proche du centre. 72,8 % des populations pauvres de l’aire francilienne et 70,5 % de ces populations de l’aire lilloise vivent en banlieue. Cette répartition des populations pèse sur le taux de pauvreté moyen : ainsi, en 2012 le taux de pauvreté était de 9 % dans les Yvelines contre de 27 % en Seine-Saint-Denis. 

Les centres de richesse du pays sont clairement identifiés autour de Paris, et le long des frontières avec l’Allemagne et la Suisse. La richesse des futures métropoles de Lyon, Marseille, Toulouse et Bordeaux dans leurs régions respectives est notable, de même que le chapelet d’aires urbaines le long de la Loire auquel s’ajoute Rennes. L’aire urbaine de Paris constitue une exception tant par sa taille que par son rayonnement mais pas en matière de répartition géographique des inégalités de revenus : comme pour les aires urbaines de province, les zones en couronne sont celles qui accueillent les populations aisées. Certaines zones sont très identifiables à cet égard, comme les communes au Nord-Est de Rennes, au Nord de Nantes, à l’Ouest de Bordeaux et à l’Est de Toulouse.

Des effets statistiques et financiers pour les collectivités territoriales

Ces projections par communes permettent de faire ressortir des différences qui n’apparaissent pas dans les moyennes régionales. Comme le souligne l’INSEE, la réforme des régions conduira à une harmonisation des taux de pauvreté dans les futures grandes régions, notamment entre l’Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne, le Nord - Pas-de-Calais et la Picardie ainsi que le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. 

La réforme des institutions territoriales en cours aura une influence autre que les effets statistiques. Les différences de revenu et leurs compositions (importance des aides pour les ménages les plus pauvres et du patrimoine pour les plus riches) influant sur les dépenses et les ressources des collectivités, la carte de la pauvreté de l’INSEE présente implicitement les zones où les finances publiques locales seront les plus tendues dans les années à venir.

Les départements ruraux seront touchés à deux égards : leur faible population fait ressortir la pauvreté et empêche des ressources financières suffisantes. Pour les territoires urbains, l'harmonisation fiscale au sein des futures métropoles et la nécessaire péréquation qui en découle est le problème à résoudre.

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