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Mardi 24 Mai 2016

L’ouverture des données publiques, la digitalisation en marche

Open Data des marchés publics français : objectif 2018

Il y a un mois, l’association Open Data France saluait la publication d’un décret portant sur l’ouverture des données publiques. Dans ce décret, il est requis des acheteurs publics qu’ils garantissent “un accès libre, direct et complet aux données essentielles” (non sensibles à l’ordre public) avant le 1er octobre 2018. Cette mesure donnerait une plus grande transparence, visibilité et attractivité à de nombreux chantiers publics qui verraient alors de jeunes startups et PME faire acte de candidature, s’ajoutant aux grands groupes historiques qui monopolisent bien souvent ce genre d’appels d’offre. Ainsi, nous pouvons espérer un vent de fraicheur sur des marchés publics jusqu’alors méconnus des entrepreneurs, et l’apparition de formidables opportunités pour les PME mais aussi pour les acteurs publics qui bénéficieront d’une plus grande diversité de propositions, d’idées et de profils créatifs. Ce décret est donc une véritable avancée dans la digitalisation des ressources publiques et récompense le travail de réflexion et de conseil de l’association Open Data France. En effet, cette association créée en 2013 a pour objectif principal de “regrouper et soutenir les collectivités territoriales françaises dans leur démarche d’ouverture de leurs données, ainsi que de favoriser les démarches entreprises pour la promotion de l’open data”.

Montrer l’exemple: la Bretagne, druide de l’ouverture des données

Certaines régions partagent l’enthousiasme d’Open Data France et ont déjà pris l’initiative pour attirer l’attention des startupers sur leur réservoir de données. Ainsi la région Bretagne s’est distinguée au début du mois par l’organisation d’un BarCamp sur la thématique “la commande publique augmentée par la donnée”. En bref, un BarCamp est une rencontre d’acteurs très variés dans le cadre d’ateliers-événements participatifs pour réfléchir sur une problématique donnée. C’est une “non-conférence”, ce qui signifie qu’il n’y a pas de spectateur mais que toute personne présente est un participant qui doit apporter sa pierre à l’édifice.

Ainsi, douze collectivités se sont impliquées dans ce BarCamp breton qui a vu des représentants de collectivités, des éditeurs de logiciels et des experts venant de startups se plonger dans un flot de données publiques pour en évaluer l’utilité et le potentiel. Un véritable travail d’analyse de data et d’uniformisation de leur récupération a été réalisé dans l’espérance stratégique de donner un cap national : si l’ensemble des collectivités sur le territoire proposent le même type de données et dans la même forme, alors il sera bien plus aisé pour des entreprises de proposer des services pertinents et de les proposer à une multitude d’acheteurs publics.

Open data publiques: une tendance à l’échelle mondiale

Partout dans le monde nous observons un mouvement d’open data des marchés publics. Aux Etats-Unis, le président Obama vient de lancer The Opportunity Project qui veut rendre les données locales et fédérales facilement accessibles, claires et ordonnées pour que tout développeur puisse s’en servir pour créer de nouveaux outils civiques améliorant la relation entre le citoyen et sa collectivité. A l’heure actuelle, The Opportunity Project présente des données sur un grand nombre de sujets différents, des programmes éducatifs aux mesures de sécurité en passant par les offres d’emplois publics dans 9 villes majeures dont New-York et San Francisco. Au Canada, cette ouverture est aussi très dynamique notamment sous l’impulsion du professeur Tracey Lauriault, vainqueur du prix du leader dans l’open data (Canadian Open Data leader). Ce dernier affirme que plus de 55 villes canadiennes ont déjà une stratégie d’ouverture des données publiques et collaborent ensemble pour une intégration et des applications encore plus réussies. La ville d’Halifax est particulièrement en avance puisque la collectivité a mis à disposition de tous un catalogue de données: les citoyens peuvent fouiller les data municipales par sujet ou localisation, les visualiser sur des tableaux ou des cartes, et les télécharger en toute une multitude de formats. Pour encourager les citoyens à utiliser ses données, la ville a organisé un concours de développement d’applications qui fut un franc succès: 38 applications créées pour plus de 33.000 téléchargements.

Pour les gouvernants, l’ouverture des données publiques est un enjeu clef puisqu’elle permet d’évaluer les résultats de leur politique, d’améliorer et optimiser les procédures étatiques, d’augmenter la participation des citoyens dans la vie de la cité, d’offrir de grandes opportunités aux entreprises locales qui peuvent intégrer les données publiques dans leurs produits et services, etc. Un cercle vertueux.

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