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Mardi 07 Fevrier 2017

La numérisation des administrations : les départements à l’heure du digital

Le baromètre des départements : une ambition appelée à faire des émules
 
Il y a quelques jours, Dentsu Consulting (la branche conseil de Dentsu Aegis Network) publiait le premier baromètre du niveau de présence et de réalisations numériques des départements. L’idée était de trouver des indices de performance digitale pour mesurer l’appétence et la dynamique des administrations sur la transformation numérique de leurs services.
 
Ainsi l’enquête repose sur 21 critères répartis dans 3 dimensions d’analyse :
- 1) La dimension "Outils" : la présence et visibilité du département sur Internet, que ce soit via des supports propres (site Web ou blog) ou via les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, etc.).
- 2) La dimension "Cibles" : l’existence de dispositifs et services digitaux adaptés à tout type de population et organisés par problématiques (les services aux handicapés par exemple, pour trouver des réponses plus rapidement).
- 3) La dimension "Contenus" : la mise en avant de compétences propres au département sur des sujets variés et abordés dans une démarche pédagogique.
 
Les résultats de ce baromètre montrent que globalement les 101 départements observés ont bien pris conscience des enjeux numériques puisque "30% des sites départementaux arrivent en première place de la recherche Google" (ils ont donc bien optimisé leur SEO/Search Engine Optimization, c’est-à-dire leur référencement sur les moteurs de recherche). Il est aussi intéressant de noter que ce ne sont pas nécessairement les départements ayant consacré le plus de budget à ces questions digitales qui ont obtenu les meilleurs résultats, ce qui confirme que l’argent est certes un facilitateur mais que c’est bel et bien la créativité qui conditionne le succès numérique (encourageant de ce fait les bonnes volontés soumises à des budgets serrés).
 
Ainsi sur la première dimension de "maîtrise des outils digitaux", le département des Alpes Maritimes arrive en tête, suivi de la Ville de Paris et du Val-d’Oise. En effet les Alpes Maritimes peuvent se féliciter d’un site Internet "responsive" (compatible mobile) et d’une présence riche et savamment orchestrée sur les réseaux sociaux.
 
Dans le domaine de la "qualité des contenus mis à disposition", c’est la Sarthe qui arrive en tête (grâce à son site Internet proposant un agenda culturel, des études téléchargeables et des vidéos de présentation) suivie du Val-de-Marne et de la Ville de Paris.
 
Quant aux "dispositifs de dialogue avec les populations", la Ville de Paris se situe sur la plus haute marche du podium, devant la Gironde et l’Essonne. Cette victoire n’est pas vraiment une surprise, la Ville de Paris ayant fait de la démocratie participative son cheval de bataille en proposant notamment sur son site Internet un espace de débats libre et des possibilités d’interactions en direct avec différents services administratifs.
 
Si les résultats de cette enquête peuvent sembler anecdotiques, l’existence même d’une telle étude montre que les départements n’ont plus peur de se lancer dans la numérisation, de communiquer sur cette ambition et d’être soumis à un modèle de résultat souvent décrit comme absent de l’ADN des administrations. A ce niveau le baromètre illustre un véritable changement, qui ravit le directeur général de Facebook France, Laurent Solly, qui affirmait au moment de la publication des résultats que "l’avenir pour les administrations françaises, les services publics et les collectivités territoriales, c’est de proposer des services aussi rapides et intuitif que Uber ou Airbnb"… Et ce n’est pas la première fois que certains acteurs de la nouvelle économie sont pris en exemple.
 
L’Etat prône une numérisation des services publics sur le modèle des plateformes privées
 
Pour le président du conseil départemental de Charente-Maritime et de l’Assemblée des Départements de France, Dominique Bussereaux, "la communication digitale se doit d’être au premier plan dans chaque département. Grâce à l’information digitale, nous avons pu prévenir et agir très rapidement pendant la tempête Xynthia par exemple, d’où l’importance d’être connectés et réactifs".
 
De ce point de vue les fonctionnalités d’alertes de Facebook comme le "Safety Check" ou les fils Twitter sur la pollution de l’air inspirent les administrations. Il faut dire qu’aujourd’hui les applications publiques sont en retard par rapport à leurs homologues privées, et les élus admettent volontiers qu’il faille piocher des idées chez les leaders du digital, comme chez Spotify et sa création d’un compte très rapidement grâce au Facebook Connect (s’identifier par son compte Facebook) ou chez Uber avec sa réservation effectuée en quelques clics.
 
Dans cette optique, Henri Verdier avait été nommé à la tête de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC). La première initiative de la DINSIC pour répondre au problème d’inscription et de navigation fastidieuses avait été la mise au point d’un système qui permet aux utilisateurs d’accéder à leur compte sur les principaux sites publics (Sécurité sociale, impôts, caisse d’allocations familiales/CAF, etc.) grâce à un seul et unique jeu d’identifiants qu’ils choisissent parmi leurs identifiants publics existants (par exemple leurs identifiants sur les impôts, ou sur la Sécurité sociale). L’utilisateur n’a donc besoin de créer qu’un seul compte sur un service public pour pouvoir l’utiliser sur l’ensemble de l’offre gouvernementale (la volonté était de se rapprocher d’une simplicité d’un Facebook ou Google Connect sans pouvoir utiliser ces solutions pour des raisons de confidentialité).
 
Sur le sujet de l’Open Data aussi les administrations françaises suivent l’exemple des mastodontes du Web : alors que Facebook ou Twitter offrent des pans entiers de leur code et trouvailles technologiques en Open Source, nos élus ont mis le sujet de l’Open Data public sur la table avec les récentes lois Valter (décembre 2015) et surtout Lemaire (septembre 2016) qui ouvrent un grand nombre de bases de données étatiques comme la “Sirène” (Système informatique pour le répertoire des entreprises et des établissements) de l’Insee.
 
Ainsi toutes les administrations, du Gouvernement aux départements, ont commencé leur mue numérique… A suivre.

Aller plus loin

Présentation du baromètre ADF Dentsu Consulting

DP Baromètre digital des départements

Infographie Baromètre ADF-Dentsu Consul

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