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Mercredi 11 Mai 2016

Modernisation du réseau La Poste : les quatre recommandations de la Cour des comptes

La Cour des comptes a rendu public le 10 mai un référé sur la modernisation du réseau La Poste, basé un double constat : "la baisse de son activité va rendre le coût du réseau de moins en moins soutenable pour l’entreprise" ; sa restructuration "est à peine entamée en zone urbaine et n’est pas achevée dans les territoires ruraux". Par ailleurs, "le pilotage et les critères d’accessibilité devraient  être adaptés pour tenir compte du fait qu’un grande part des services postaux est accessible en ligne ou par d’autres moyens".

Premier constat : une baisse continue et régulière de l’activité des guichets. Liée en particulier à la diminution du volume du courrier, elle est estimée à quelque 25% entre 2009 et 2014. Une tendance qui ne peut que s’amplifier, selon la Cour, laquelle estime que "la plupart des activités autrefois concentrées dans les bureaux de poste peuvent dès aujourd’hui emprunter d’autres canaux de distribution". Or, cette baisse d’activité n’est "pas compensée par une réduction des charges à due proportion" soulignent les sages, qui mettent en avant une "dégradation de la productivité des agents" et le fait que "le ralentissement, en 2013 et 2014, de la baisse des effectifs constitue un facteur de risque".

Autre constat : "une organisation territoriale qui reste inadaptée", du fait, d’une part, d’un retard dans la restructuration du réseau urbain ("très dense et parfois en sous-activité"), et, d’autre part, d’une restructuration inachevée du réseau rural. Dans le premier cas, "la restructuration du réseau en milieu urbain ne doit pas seulement viser à s'adapter à la baisse d'activité des guichets : elle doit viser à mieux répondre aux besoins de la clientèle, qui varient selon les quartiers, et à tirer les conséquences de la diversité des canaux permettant d'atteindre les clients. Compte tenu des coûts élevés de l'immobilier en zone urbaine, elle est de nature à dégager des économies substantielles". Côté réseau rural inachevé, la Cour préconise la poursuite de l’externalisation (agence postale communale, relais-poste commerçants…) et le déploiement de nouveaux modes de mutualisation  (facteurs-guichetiers, maisons de service au public…).

S’agissant des critères d’accessibilité au service public, la Cour rappelle qu’ils sont définis par la directive postale du 15 décembre 1997 et que La Poste, pour satisfaire à ses obligations en la matière, est tenue de maintenir en activité un réseau de guichets, obligations en outre étendues par le législateur au titre de sa participation à l’aménagement et au développement du territoire, notamment un nombre minimum de 17.000 points de contacts (bureaux de poste, agences postales communales ou intercommunales et relais-poste tenus par des commerçants). Traduites en coûts, les charges opérationnelles s’élevaient à environ 4,2 Md€ en 2014. Le surcoût dû à l’élargissement de ses obligations est lui-même estimé par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) à quelque 250 M€ par an, "montant supérieur aux abattements fiscaux (170 M€) dont La Poste bénéficie pour les compenser". Parmi les solutions préconisées par les sages de la rue Cambon : "repenser ses modes de relation avec le client, en combinant, d’une manière adaptée à chaque produit et à chaque segment de clientèle, la visite au bureau de poste, les automates, les services en ligne, l’intervention du facteur et le cas échéant celle d’autres acteurs".

Au final, la Cour formule quatre recommandations :
- améliorer la mesure de la performance et des résultats financiers de chaque point de contact ;
- redéfinir les critères d'accessibilité en zone urbaine en prenant en compte les besoins de la clientèle postale et bancaire ;
- transformer les bureaux de poste à faible activité en zone urbaine en d'autres formes de points de contact et organiser à cet effet une concertation avec les autorités locales concernées ;
- poursuivre les transformations de bureaux de poste à faible activité en zone rurale en d'autres formes de points de contact.

Aller plus loin

Accéder au référé de la Cour des comptes et à la réponse des ministres des Comptes publics et de l’Economie

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