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Mardi 10 Fevrier 2015

Logement, quel état des lieux ?

Alors que les plans gouvernementaux sont très volontaristes, les chiffres du logement font apparaître une continuité : la construction de logements se poursuit à un rythme insuffisant, l’accession à la propriété recule et le nombre de logements vacants augmente.

500 000 logements en plus par an avant 2017, soit par rapport à 2013, une augmentation de 1.50 %. Or, entre 2013 et 2014, le taux de construction de logement a atteint 1.06 %, en-deçà de la moyenne sur 30 ans, qui s’élève à 1.12 %.
Échec du pouvoir en place, tant au niveau central qu’au niveau local ? Au regard de l’évolution depuis 2012, le rythme s’est pourtant accéléré, même si cela reste faible. Le rebond est remarquable car il est le premier depuis le début des années 2000 et qu’il montre que contrairement aux années 1980 et 1990, le rythme des années 2000 et 2010 témoigne d’une accélération de la construction de logements.

La hausse de la construction des logements peut, paradoxalement, ne pas concourir pleinement à la résolution de la crise du logement. Les chiffres de l’INSEE en témoignent puisque depuis 2005, la part de résidences principales a reculé de 2 points, au profit des logements vacants. Cette tendance ne présente aucun facteur potentiel de retournement.

Par exemple, la part d’accédants à la propriété recule depuis 2004 et la part de propriétaires sans charges de remboursement augmente, alors que les parts de locataires, dans le privé ou le social, restent stables. En d’autres termes : les accédants deviennent pleinement propriétaires, mais les locataires ne deviennent pas accédant, alors même que les taux immobiliers sont historiquement bas, à 2.32 % pour l’accession dans le neuf et 2.29 % dans l’ancien selon l’observatoire Crédit Logement.

Or, pour la construction dans le privé, ce sont les anticipations sur les besoins des accédants qui poussent les promoteurs à construire de nouveaux logements. Parallèlement, la stabilité du nombre de locataire joue peut-être sur l’anticipation des propriétaires à ne pas louer plutôt qu’à baisser les prix des loyers, d’où la hausse des logements vacants, définis par l'INSEE comme des logements inoccupés se trouvant dans l'un des cas suivants :  proposé à la vente ou à la location, déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d'occupation, en attente de règlement de succession, conservé par un employeur pour un usage futur au profit d'un de ses employés ou gardé vacant et sans affectation précise par le propriétaire (exemple un logement très vétuste...).

La lente amélioration de ces chiffres insuffisants met en avant l’efficacité limitée des politiques en cours. La mise en œuvre de la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) ainsi que la libéralisation de la construction du logement intermédiaire et social permettront, malgré les oppositions, d’améliorer une dynamique déjà lancée.

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