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Lundi 17 Aout 2015

Laurent Chambaud :« l’École des hautes études en santé publique (EHESP) a trouvé sa place »

Pouvez-vous nous présenter les grandes caractéristiques de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) que vous dirigez ?

L’EHESP a le statut de grand établissement depuis la loi du 9 août 2004 et le décret du 7 décembre 2006. C’est une transformation majeure pour cette École, qui est maintenant sous la tutelle conjointe des ministères chargés des Affaires sociales et de la Santé, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les quatre missions de l’EHESP, qui lui ont été conférées par la loi, sont les suivantes :

  1. assurer la formation des personnes ayant à exercer des fonctions de direction, de gestion, d’inspection ou de contrôle dans les domaines sanitaires, sociaux ou médicosociaux ;
  2. assurer en réseau un enseignement supérieur en matière de santé publique ;
  3. contribuer aux activités de recherche en santé publique ;
  4. développer les relations internationales.

Tout en assurant la formation de fonctionnaires, comme le faisait l’ancienne École Nationale de Santé Publique, l’École propose des diplômes de master, de mastère spécialisé, d’ingénieur. Elle anime le seul réseau doctoral en santé publique existant en France et propose une offre importante de formation tout au long de la vie. Véritable plateforme pour l’enseignement et la recherche en santé publique, l’EHESP comporte cinq départements d’enseignement et de recherche ainsi qu’un laboratoire d’études et de recherche en environnement et santé, participe à plusieurs unités mixtes de recherche, porte en propre une équipe d’accueil en management des organisations en santé.

L’EHESP accueille 1 800 élèves fonctionnaires, étudiants et doctorants et emploie 410 agents dont 80 enseignants et enseignants-chercheurs. L’École recrute environ 1 300 vacataires extérieurs chaque année. Son budget est de 56 millions d’euros.

Le siège et la quasi-totalité des fonctions supports sont à Rennes sur le campus de Villejean, certaines activités se déroulent dans son antenne parisienne. Au sein de son campus rennais, l’École assure la gestion d’un service de restauration et de 3 résidences hôtelières au profit des publics formés, des personnels et des intervenants extérieurs.

Mais je voudrais surtout insister sur le caractère très spécifique de cette nouvelle École, à la fois école de service public formant des fonctionnaires de haut niveau et école universitaire de santé publique, reconnue comme telle en France et à l’étranger. Il s’agit d’un modèle original, alternatif aux écoles de santé publique « tout universitaire ». On m’a plusieurs fois interpellé sur le fait dit que l’EHESP serait « au milieu du gué ». Je crois au contraire qu’elle a trouvé sa place !

 

Votre école est une grande école de santé publique. Vous avez, vous-même, travaillé dans le champ de la santé publique et vous enseignez cette discipline. Comment définiriez-vous la santé publique ?

LC : Il y a de nombreuses définitions de la santé publique, depuis celle, célèbre, de Charles Edward Winslow en 1920, en passant par des définitions plus officielles comme celles de l’OMS. Mon propos n’est pas de choisir celle qui me semble la meilleure. Plutôt qu’une définition, j’avancerais plutôt que la santé publique se caractérise par trois notions majeures :

Au niveau de son champ d’intérêt, elle se concentre sur la santé des populations. C’est donc une approche collective de l’état de santé d’un groupe de personnes. En ce sens elle est complémentaire (et non en opposition comme on le pense souvent) des approches individuelles et cliniques de la santé. Nous avons besoin de ces deux prismes.

Sur le plan de son champ d’actions, la santé publique retient une vision large de la santé identifiant sa capacité à intervenir. J’aime bien le modèle qui a été retenu par le ministre canadien Lalonde, lors du premier document qui était sorti sur une conception large des problèmes de santé en 1974. Ce document indiquait que les problèmes de santé des Canadiens pouvaient être expliqués et combattus par quatre grands déterminants : la biologie (à laquelle nous pouvons maintenant ajouter la génétique), les environnements physiques et sociaux, les comportements et, enfin, l’organisation des systèmes de soins. De nombreux autres modèles ont été construits depuis, mais celui-ci a le mérite d’être simple et parlant, notamment pour les décideurs.

Enfin, au niveau des méthodes, la santé publique est, par essence, avant tout un lieu de croisement des disciplines. Elle peut être le lit de certaines disciplines spécifiques – je pense par exemple à l’épidémiologie – mais elle est surtout un endroit où les modes de regard sur les populations dialoguent et s’interpellent. C’est avant tout un champ de réflexion et d’action sur des questions sociétales, qui nécessite un échange permanent. Car aucune discipline seule ne peut répondre à ces questions complexes.

 

L’EHESP en tant qu’Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) à la particularité d’être à la fois un établissement d’enseignement supérieur et de recherche et l’école de formation des cadres supérieurs du système de santé de l’État et des établissements. Quels sont les avantages de cette spécificité ?

LC : Ce statut « hybride » alliant des formations de fonctionnaires et de professionnels par nécessité très opérationnelles et un volet académique adossé à la recherche constitue un véritable atout.

Dans les premières années de cette « nouvelle École », l’axe universitaire a été particulièrement développé, mettant de côté la vision professionnelle, ce qui a pu engendrer une certaine crispation. Il faut donc maintenant trouver un équilibre, même s’il restera certainement toujours fragile, car traversé par une tension entre les deux conceptions de l’École. Mais cette tension peut être positive !

Aujourd’hui, ce modèle doit être stabilisé et, d’une certaine manière, conceptualisé afin, je l’espère, de pouvoir le promouvoir et le diffuser. Tout en nous distinguant des modèles anglo-saxons, l’EHESP est à l’avant-garde de questionnements qui seront ceux de toutes nos écoles de service public. Celles-ci, en effet, ne peuvent pas mobiliser en interne une masse critique suffisante de forces de recherche, ni délivrer des diplômes académiques. Notre réseau et notre ancrage dans le milieu professionnel, alliés à cette dimension universitaire, sont des atouts considérables qu’aucune école de santé publique au monde ne possède.

Cette double identité de l’École, professionnelle et académique, contribue à sa renommée à l’étranger, y compris auprès de grandes écoles de santé publique universitaires américaines ou canadiennes. Je pense que ce modèle pourrait fortement intéresser des pays en transition. En effet, ces pays manquent souvent de cadres bien formés. Ils ont à la fois besoin de monter des enseignements répondant à leurs besoins immédiats, mais demandent des sanctions universitaires pour leurs formations et souhaitent, et c’est bien naturel, s’inscrire dans une dynamique de recherche. À cet égard, le modèle de notre École pourrait bien mieux leur convenir qu’un modèle universitaire « ex cathedra ».

 

L’EHESP signera prochainement son contrat d’objectifs et de performance (COP) 2014-2018 avec le ministère des Affaires sociales et de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ; quelles sont les grandes priorités figurant dans ce document ?

LC : Dans son COP 2014-2018, l’École s’est fixé deux orientations majeures qui serviront de socle à l’ensemble de ses activités dans les domaines de la formation, de la recherche, de l’expertise et à l’international :

d’une part, en qualité d’établissement d’enseignement supérieur et de recherche, être force de proposition, lieu de débat, et accompagner les évolutions de notre système de santé en lien avec ceux d’autres pays pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et pour relever les défis de demain ;

d’autre part, mieux comprendre et participer à la lutte contre les inégalités sociales et territoriales de santé.

Ces orientations permettent d’englober toutes les actions que l’École peut porter au sein de ses départements, services et laboratoires. Elles permettent également de donner sens au réseau de santé publique qu’elle se doit de conforter et d’animer. Elles offrent enfin une meilleure lisibilité sur l’action de l’École auprès de ses partenaires, tant en France qu’à l’étranger.

Il y a également de grands chantiers que l’École doit relever dans le contexte budgétaire tendu que notre pays doit affronter : Il nous faut optimiser l’organisation et le fonctionnement de l’EHESP, afin de maximiser les forces de formation, d’expertise et de recherche. Il est important dans le même esprit de permettre aux publics de notre École de mieux percevoir notre offre et notre spécificité, ce qui implique plus de visibilité et de clarté dans notre organisation ; notre établissement est petit et ne couvre pas, loin s’en faut, l’ensemble des domaines de compétences en santé publique. Il est donc nécessaire de promouvoir des partenariats cohérents à la fois au niveau national, avec les équipes françaises qui comptent en santé publique, et au niveau européen et international ; enfin la question de l’innovation pédagogique est maintenant cruciale pour toute structure œuvrant dans le domaine de la formation.

 

Quels sont les grands axes de l’EHESP au niveau des formations universitaires et des travaux de recherche et d’expertise que votre école porte ou auxquels elle est associée ?

LC : Du fait de leur caractère fédérateur et transversal, les deux orientations majeures évoquées précédemment se déclinent au travers de cinq thématiques prioritaires, définies comme stratégiques pour l’EHESP. Dans le processus d’élaboration du COP, nous avions la volonté de recentrer nos activités, afin de les rendre plus lisibles et de concentrer nos forces, qui ne sont pas infinies.

Nous avons donc retenu cinq axes prioritaires. Trois d’entre eux correspondent à un potentiel déjà bien ancré dans notre établissement et que nous devons consolider, tant en formation qu’en recherche. Il s’agit :

des politiques sociales et de santé, qui constituent un socle de connaissances indispensable pour nos publics, élèves fonctionnaires ou étudiants ; la question du niveau des politiques (européennes, nationales, régionales ou locales) est une préoccupation majeure pour notre système de santé et de protection sociale, préoccupation dont nous nous préoccupons à travers le laboratoire CRAPE (centre de recherches sur l’action politique en Europe) auquel nous participons activement ;

de l’organisation, du pilotage, de la régulation et du management des services de santé dans leurs dimensions sanitaire, sociale et médico-sociale qui sont également une ligne de force majeure pour cette École, souvent résumée comme « l’École qui forme les directeurs d’hôpitaux ». Au moment où la notion de parcours vient bousculer les habitudes de nos managers, l’EHESP a un rôle éminent à jouer, y compris en s’investissant sur la structuration de ce que l’on appelle les soins primaires ou ce que le projet de loi de santé définit comme le « service territorial de santé au public ». C’est dans cet esprit que l’École a créé récemment une équipe d’accueil unique en France sur le management des organisations en santé ;

de l’environnement et la santé représente le troisième axe fort et historique de l’EHESP. Bénéficiant d’un laboratoire unique et performant – le LERES (laboratoire d’étude et de recherche en environnement et santé), fortement investi dans une unité mixte de recherche d’ampleur qui aura bientôt son site sur notre campus, l’IRSET – nous participons activement à l’acquisition et au transfert de connaissances dans ce domaine qui devient très sensible pour nos concitoyens.

Au-delà de ces trois axes, deux autres domaines étaient traités de manière plus ponctuelle dans notre établissement. Nous avons décidé de les retenir dans les priorités en raison d’un double constat : d’une part, ce sont deux thématiques très peu présentes en France en termes de formation ou de recherche alors que le besoin est incontestable ; d’autre part, l’EHESP possède déjà des compétences et, en partenariat avec d’autres structures, peut jouer un rôle positif pour permettre leur reconnaissance et leur développement dans notre pays. Il s’agit de la sécurité sanitaire, en particulier la sécurité des soins, et du champ large de la promotion de la santé et de la prévention.

 

L’EHESP fait partie du réseau des écoles de service public (RESP), comment voyez-vous les perspectives de développement au niveau de la complémentarité et de la coopération entre les Écoles de service public ?

LC : Le RESP rassemble près d’une quarantaine d’Écoles qui ont toutes en commun de former des fonctionnaires dans une perspective très opérationnelle. Ce réseau rassemble des Écoles œuvrant dans les trois fonctions publiques : d’État, hospitalière et territoriale. J’ai rappelé plus haut que l’EHESP, un peu en « éclaireur », expérimentait une formule permettant de garder cette spécificité tout en nous adaptant pour développer une valence universitaire.

Mais, au-delà de cette particularité, nous avons tout intérêt à confronter à la fois nos questionnements et nos expériences. Le champ est vaste. Ce peut être, et la liste est loin d’être exhaustive : dans l’évolution de nos concours d’entrée et nos modes de recrutement ; dans nos relations avec les ministères de tutelle ; dans nos maquettes de formation et nos modes d’évaluation ; dans notre capacité à agir pour la parité et la diversité dans nos recrutements…

Quelques réalisations concrètes sont déjà à l’actif de ce réseau : la charte prônant les valeurs de service public que s’engagent à respecter nos établissements ou les sessions inter écoles qui regroupent pendant une semaine des élèves de différentes Écoles sur des sujets ou thématiques d’intérêt commun.

Nous avons donc à poursuivre ce travail commun, à la fois pour faire ressortir et valoriser un modèle français, mais aussi pour optimiser nos modes de fonctionnement en étant force de proposition vis-à-vis de nos autorités de tutelle.

 

L’EHESP est membre fondateur de la COMUE « Sorbonne Paris Cité » et participe au processus de création de la future COMUE « Université Bretagne Loire », pour quelles raisons ?

LC : La question de l’appartenance aux nouvelles COMUE est un enjeu majeur pour l’EHESP.

Institution originale dans le paysage tant français qu’international, l’École doit contribuer activement, et de manière différente aux deux communautés Université Sorbonne Paris Cité et Université Bretagne Loire (COMUE interrégionale en cours de construction), constituant ainsi une réelle chance pour son projet de développement.

Ancrée à Rennes depuis la création de l’ENSP, elle peut s’appuyer sur ses activités essentiellement basées sur le campus breton, forte de ses formations professionnelles, de plusieurs formations académiques en partenariat et de deux unités de recherche. Actuellement, associée à l’Université Européenne de Bretagne – COMUE bretonne, l’EHESP a l’ambition d’être membre à part entière de la future COMUE UBL dont le projet se formalise progressivement et elle souhaite participer pleinement aux projets communs de coordination universitaire dans le Grand ouest, du fait de son implantation historique à Rennes et de ses partenariats locaux existants déjà bien établis. Que ce soit dans les domaines des sciences humaines et sociales, de la santé et de l’environnement ou encore du développement du numérique, ce projet d’UBL peut apporter une réelle plus-value structurante et l’École pourra y contribuer par ses compétences et son expertise. L’EHESP demande toutefois que la santé publique soit pleinement intégrée dans les axes stratégiques de cette COMUE interrégionale.

De par sa vocation d’École de santé publique à vocation nationale, par son antenne à Paris, elle participe pleinement à la communauté « Sorbonne Paris Cité » détentrice d’une initiative d’excellence et présentant un fort potentiel en santé publique. Dans ce cadre, l’École est déjà impliquée dans plusieurs projets à portée nationale ou internationale. L’Université Sorbonne Paris Cité (USPC) offre l’un des plus larges éventails d’établissements dans le secteur des sciences de la santé et du secteur social du pays. Basé sur des politiques communes, le contrat de site de l’USPC (2014-2018), signé en juillet dernier avec la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, propose un projet partagé ambitieux dans lequel l’EHESP s’inscrit pleinement, puisqu’il s’articule fortement avec les orientations et axes de développement de son propre contrat d’objectifs et de performance sur la même période quinquennale, autour notamment des enjeux publics de santé et des pédagogies innovantes.

Au total, l’EHESP est pleinement à l’aise et se félicite de pouvoir participer en tant que membre à ces deux communautés d’universités et d’établissements.

 

L’EHESP a un ancrage régional et un rayonnement national vous venez de le montrer, qu’en est-il de son positionnement au niveau international ?

LC : Le développement international fait partie intégrante des missions de l’EHESP. C’est même dans la loi qui a créé cette École !

Nous devons maintenant relever ce défi, qui est à trois niveaux : au niveau européen, nous avons à défendre ce que la France peut apporter dans le domaine de la santé publique. C’est le sens de notre engagement dans les réseaux européens, particulièrement au sein de l’ASPHER (Association of schools of public health in the european région/Association des écoles de santé publique de la région européenne). Nous avons aussi à cœur de développer des partenariats avec les grands centres existant en dehors de l’Europe, comme les États-Unis et le Canada ou avec les organisations internationales. Des partenariats ont déjà été noués, d’autres sont à bâtir. Enfin, notre École est engagée dans des projets de coopération importants avec les pays du Sud ou les pays en transition. Il faut développer ces approches car nous vivons, surtout dans le domaine de la santé, dans un monde globalisé. Mais il faut également cibler nos actions en fonction de nos moyens limités, de nos champs de compétences et des partenariats que nous pouvons nouer.

Par ailleurs, il faut que nous puissions à la fois faire découvrir à nos élèves et étudiants les systèmes de santé existant en dehors de nos frontières, accroître les collaborations internationales de nos enseignants-chercheurs et attirer à l’EHESP des élèves et étudiants venant d’autres pays, y compris en offrant des enseignements en anglais. C’est ainsi que la notoriété et la renommée de notre École en seront renforcées.

 

Quelle est la place de l’innovation pédagogique, l’utilisation des outils numériques dans le cadre du développement des activités de votre école ?

LC : Une véritable révolution pédagogique est en cours dans le monde, à laquelle l’École se doit de participer. Il n’y a qu’à se plonger dans le petit fascicule de Michel Serres pour en être convaincu. C’est pourquoi, l’EHESP souhaite encourager son développement, y compris en utilisant les nouveaux outils (MOOCs, learning lab, classes inversées, etc.). Le projet « École numérique » est donc un enjeu majeur, inscrit dans notre COP 2014-2018.

L’examen de l’ensemble des programmes de formation (académique, professionnelle, tout au long de la vie) doit permettre de prioriser ceux qui pourraient s’inscrire dans une démarche d’innovation pédagogique s’appuyant sur des outils numériques ou des formations à distance. Pour ce faire, l’EHESP peut s’adosser sur les ressources mutualisées et le savoir-faire du Service d’accompagnement aux pédagogiques innovantes et à l’enseignement numérique (SAPIENS) porté par Sorbonne Paris Cité, et sur les nombreuses infrastructures et services proposés dans le cadre de l’UEB C@mpus et de l’université des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement), le campus numérique breton unique en Europe. Notre double appartenance est ici un atout…

Bien évidemment, ce développement de formes innovantes d’enseignement nécessite de la part de l’École d’assurer une appropriation des méthodes et outils pédagogiques, en proposant une formation des enseignants mais également des personnels en appui des activités de formation et de recherche.

Je terminerai par une forme d’interrogation : ce nouvel univers que dessine l’avènement du numérique ne va-t-il pas, de manière paradoxale, remettre au premier plan des formes pédagogiques qui semblaient appartenir au passé ? Je pense par exemple au compagnonnage ou une valorisation nouvelle des maîtres de stage. Car en santé publique comme dans bien des domaines, si l’apprentissage sort des salles de cours traditionnelles, il ne peut pas se faire que devant un ordinateur ou un smartphone…

 

Propos recueillis par Philippe Marin

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