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Jeudi 26 Janvier 2017

Insertion professionnelle des jeunes : un diagnostic sévère

La concertation en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, lancée en septembre dernier, s’est conclue le 24 janvier par la remise d’un rapport de diagnostic, élaboré par France Stratégie et la Dares, à Myriam Et Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Un diagnostic lourd, qui relève qu’en quarante ans le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est passé de 7% à 24% et que plus du tiers des 15-24 ans sont en contrat court, CDD ou interim, le vrai "point noir" étant le sur-chômage qui atteint les 20-24 ans (13,8%) et la situation des 15% des 15-29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETs).

Mais bien plus que la tranche d’âge, c’est la qualification qui joue un rôle déterminant, les jeunes les moins diplômés connaissant un taux de chômage trois fois supérieur à celui des diplômés de l’enseignement supérieur. Et pour les jeunes issus de l’immigration, s’ajoutent les discriminations dans l’accès au marché de l’emploi.

Le rapport note par ailleurs que les jeunes sont parmi les premiers exposés aux mutations structurelles qu’a connues le marché du travail depuis 40 ans : 35% des 15-29 ans ont un contrat temporaire (CDD, intérim, apprentissage), 45% des débutants n’ont pas été formés pour le travail qu’ils occupent. En outre, 10% des jeunes de maîtrisent pas les compétences de base : compréhension orale, écriture, lecture, calcul. Autant de barrières à l’entrée sur le marché du travail, ce que le rapport nomme "les freins périphériques". Autres freins : capacité réduite de mobilité (par exemple, pas de permis de conduire), maîtrise limitée du numérique, état de santé fragile, précarité des conditions de vie (dont absence de logement ou de couverture sociale), qui constituent des obstacles pour au moins 10% des 16-29 ans.

Parmi les dispositifs mis en place pour remédier à cette situation, les missions locales, qui ont vu leur place renforcée dans l’accompagnement vers l’emploi et vers la formation des jeunes, notamment depuis 2005 avec leur inscription au sein du Service public de l’emploi. Quelque 70 % des jeunes non diplômés sortis du système scolaire en 2015 ont eu au moins un entretien avec l’une d’elles. De nombreux dispositifs (plan de lutte contre le décrochage scolaire, plan « 500.000 » entrées en formation, extension de la Garantie jeunes) ont été renforcés, d’autres, pour répondre aux nouveaux enjeux de l’accompagnement (compte personnel d’activité/CPA, mobilisation des entreprises au sein d’équipes emploi dans les missions locales, création à Pôle emploi de "clubs intensifs de recherche d’emploi", etc.), ont été déployés.

Une multiplicité de dispositifs d’aide visant à répondre aux besoins différenciés des jeunes, mais qui, au final, est une source de complexité pour les intéressés et d’incertitude pour les employeurs. Avec pour conséquences : une méconnaissance de ces dispositifs par une partie des jeunes, mal informés, et qui n’y ont pas recours, de même que les entreprises qui perçoivent comme instables les règles de financement de certains de ces dispositifs.

Aller plus loin

Le rapport

 

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