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Vendredi 18 Mars 2016

Dégel des salaires des fonctionnaires : insuffisant pour les agents, inquiétant pour les employeurs territoriaux

A l’occasion du rendez-vous salarial réunissant le 17 mars les organisations syndicales et les employeurs de la fonction publique, Annick Girardin, ministre de la Fonction publique, a annoncé une revalorisation du point d’indice de 1,2 %. Elle se fera en deux temps : 0,6 % le 1er juillet 2016 et 0,6 % le 1er février 2017. A l’issue de la revalorisation, la valeur annuelle brute du point d’indice sera de 56, 2302 euros. Une mesure prise après 6 ans de gel du point d’indice, qui, selon la ministre, a permis d’économiser 7 milliards d’euros. Une mesure jugée insuffisante par les syndicats et inquiétante pour les employeurs territoriaux.

La revalorisation est estimée à 2,4 milliards d’euros, dont 552 millions d’euros pour la fonction publique hospitalière et 648 millions d’euros pour la fonction publique territoriale. Concrètement, côtés agents, le ministère propose quatre scénarios découlant de ce dégel :
- un infirmier en poste depuis 10 ans gagne en moyenne 23.558,92 € bruts/an ; gain après dégel : + 282,71 € bruts/an ;
- une policière en poste depuis 10 ans gagne en moyenne 19.502,79 € bruts/an ; gain après dégel : + 234,03 € bruts/an ;
- une ambulancière en poste depuis 10 ans gagne en moyenne 18.447,08 € bruts/an ; gain après dégel : + 221,36 € bruts/an
- un enseignant en poste depuis 10 ans gagne en moyenne 25.948,15 € bruts/an ; gain après dégel : + 311,38 € bruts/an.

Au final, ces augmentations sont jugées insuffisantes par les syndicats – certains demandaient jusqu’à 8 % de hausse du point d’indice – même si la CGT, par exemple, qualifie de "sérieuse" la proposition du Gouvernement, tout en appelant à "une semaine de mobilisation de la fonction publique du 21 au 25 mars". Une mobilisation qui devrait être partagée par les autres organisations sous une forme ou sous une autre.

Quant aux employeurs territoriaux, si par la voix de Philippe Laurent, au titre de leur collège au sein du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), ils "prennent acte de la proposition de dégel, reconnaissant au passage que "la réussite de la décentralisation et la qualité des services publics locaux sont le fruit du travail de fonctionnaires engagés et compétents au service d’élus légitimes", tout en redoutant le poids de ce "coup de pouce" dans les budgets locaux et en souhaitant que "cette nouvelle mesure de dégel du point d’indice soit prise en compte dans l’effort qui leur est demandé au titre de la baisse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) pour 2016-2017".

Aller plus loin

Le dossier de presse du ministère

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