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Vendredi 31 Mai 2013

La fonction publique territoriale, une terre d’accueil limitée pour les jeunes actifs

Le Centre national de la fonction publique territoriale a publié le 27 mai 2013 un rapport statistique sur la place des actifs de moins de 25 ans au sein des effectifs des collectivités territoriales et de leurs établissements, en s’appuyant sur les chiffres exhaustifs de l’année 2010.

Les données dévoilées permettent de constater de grands écarts de situations d’emploi selon la zone géographique, la taille et la nature de la collectivité-employeur.

Parmi les 86.659 agents territoriaux de moins de 25 ans, une grande partie travaillent dans les collectivités des régions d'Ile-de-France, de Picardie, d'Alsace et de la Réunion. L’Ile-de-France a un rôle prépondérant puisque cette zone regroupe près d’un quart des jeunes agents (19.725 soit 22%). D’autres régions, notamment dans le sud-ouest de la France métropolitaine emploient très peu de jeunes. Les chiffres donnés ne sont pas accompagnés d’analyse sociologique ou économique : il est donc difficile de déterminer les causes d’un plus faible emploi des jeunes en Poitou-Charente  qu’en Picardie par exemple.

Les explications manquent également pour déterminer les causes du taux d’emploi des jeunes bien plus important dans la sphère communale (communes et organismes communaux) que dans les autres structures. Il est en effet intéressant de noter que les communes, quelle que soit leur taille, ont un taux d’emploi des jeunes assez proche. Les communes de plus de 10.000 habitants comptent parmi leurs effectifs 5.5% de jeunes et les communes de moins de 10.000 habitants 5.8%. Les organismes communaux (centres d’action sociale, caisse des écoles,…) emploient des jeunes à hauteur de 7.4% de leurs effectifs. Le facteur d’emploi des jeunes semble donc être d'avantage lié aux compétences des personnes publiques qui les emploient qu’à la taille de celles-ci. Cette tendance est renforcée à la lecture des filières préférées pour embaucher des jeunes. Le rapport souligne que près d’un jeune sur deux est embauché dans les filières techniques et d’animations. Cette dernière est particulièrement accueillante, puisqu’elle compte 17% de jeunes de moins de 25 ans. Les activités sportives également, puisqu’elle compte 5% d’agents de moins de 25 ans. Missions habituellement réservées aux jeunes, après le passage du brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur, l'animation et les activités sportives ressortent la plupart du temps des missions des communes. 

Les missions confiées aux jeunes relèvent dans la plupart des cas de la catégorie C (à titre d’exemple, on compte 16 % des adjoints d’animation, 16 % des opérateurs des activités physiques et sportives et 10 % des animateurs sont âgés de moins de 25 ans). La catégorie B accueille des jeunes à hauteur de 7% et la catégorie A à hauteur de 2%. Au-delà de la catégorie, le statut interpelle également : la plupart des jeunes employés (62%) le sont comme non titulaires, auxquels s’ajoutent les 18% d’emplois aidés. Le nombre de jeunes fonctionnaires est donc relativement faible.

Lorsque l’on se penche sur le niveau d’étude nécessaire pour atteindre les catégories B et surtout A, la faible part de jeunes dans ces catégories n’est pas étonnante. Pour autant, une manière de concilier études et emploi est mis en avant par le rapport du CNFPT : l’apprentissage. Le nombre d’apprentis est faible comparé aunombre d’agents employés … et au nombre d’apprentis dans l’ensemble du paysage économique français. Ainsi, en 2010, les collectivités territoriales ne comptaient que 8.000 apprentissages sur les 400.000 en cours en France.

Les employeurs des apprentis répondent aux mêmes catégories que les collectivités les plus pourvoyeuses d’emplois des jeunes : il s’agit des communes ou des organismes communaux (75% des apprentis y sont accueillis) dans les régions les plus urbanisées. L’Ile-de-France, la région Rhône-Alpes et le Nord-Pas de Calais sont les zones où un apprenti a le plus de chance d’être embauché. Rapporté au nombre d’agents, les régions de la Réunion, d’Alsace et de Corse sont celles qui accueillent le plus d’apprentis. Cette répartition géographique s’explique surtout par la présence dans ces régions d’organismes de formations nombreux, et donc de la présence de propositions d’apprentissage plus fréquentes.

Dans une situation économique difficile, qui laisse près d’un quart des jeunes de moins de 25 ans au chômage, et près de la moitié des non-diplômés dans la même situation, l’embauche par les collectivités territoriales pourrait être un levier important. Cet embauche peut être opérée de manière inhabituelle, notamment avec le recours à l’apprentissage qui permet de lier des études et une formation pratique tout en donnant une première expérience.

 

Aller plus loin :

Le rapport du CNFPT

 

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