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Vendredi 30 Janvier 2015

Emplois dans la fonction publique : profils de déclassés

"Le déclassement concerne surtout les jeunes et les salariés à temps partiel. Avoir des parents dans la fonction publique protège du déclassement". Ces constats sont issus d’une enquête sur les salaires vus par les salariés (SalSa) menée à la fois auprès des salariés du privé et auprès des agents des trois versants de la fonction publique, enquête qui vient d’être publiée par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) sous le titre "Surqualification et sentiment de déclassement : public-privé, des profils et des opinions proches".

En préambule, les auteurs reviennent sur la notion de déclassement, dont les situations "peuvent s’apprécier soit relativement à l’emploi, dans ce cas les salariés sont en situation de surqualification par rapport à l’emploi qu’ils occupent, soit relativement à la rémunération attendue compte tenu de leur qualification"

Dans le premier cas, le déclassement défini "à partir du lien entre le niveau de diplôme acquis et la catégorie d’emploi occupé", les plus concernés sont "les plus diplômés dans leur phase d’insertion dans l’emploi", à savoir essentiellement les plus jeunes. C’est ainsi que la fonction publique "recrute à un niveau de qualification relativement élevé pour des emplois ne nécessitant pas tous un tel niveau, d’un point de vue statutaire du moins" : en 2010, 55 % des recrutés en catégorie B via les concours externes étaient diplômés d’un niveau au moins équivalent à Bac + 3 alors que le bac est le niveau théorique requis, idem pour 27 % des recrutés en catégorie C quand le seul diplôme exigé est statutairement le brevet des collèges.

Quant au déclassement salarial, défini à partir du lien entre le diplôme et le niveau de salaire, il touche "nettement plus souvent" les femmes, les salariés travaillant hors d’Île-de-France et les agents non titulaires de la fonction publique. Plus généralement, il concerne davantage les agents de la fonction publique en comparaison avec les salariés du secteur privé.

S’agissant du ressenti des déclassés, si une majorité de salariés éprouve une certaine dévalorisation salariale au vu de sa qualification, "les opinions se démarquent assez sensiblement selon les différentes formes de déclassement, les différences entre public et privé étant plus limitées". Les jeunes du public, par exemple, "ont intégré qu’il était normal d’en passer par le déclassement". Commentaire des auteurs de l’enquête : "Les plus jeunes des salariés ont pu intégrer qu’il était « normal » de consentir à une moindre valorisation salariale pour s’insérer dans l’emploi. Mais les jeunes peuvent également nourrir une espérance de progression via l’avancement automatique sur les grilles salariales ou par la réussite future de concours internes."

A noter enfin : "Les agents déclassés au sens de la catégorie hiérarchique expriment significativement le souhait de quitter leur poste, voire la fonction publique, sans que la distinction entre ce qui s’apparente à un souhait de mobilité et un projet de démission ne soit malheureusement possible. En revanche, lorsqu’ils sont déclassés au sens du salaire, les agents publics expriment plutôt le souhait de ne pas changer de poste ni d’employeur."

Aller plus loin

L’étude

 

 

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