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Jeudi 18 Octobre 2012

E-administration et Open Data : les Français partagés mais demandeurs

En 2011, Berger-Levrault organisait un colloque "Nouvelles attentes, nouveaux services : une nouvelle donne public-privé" faisant apparaître une réticence des Français à l’égard de l’e-administration, tout en reconnaissant son aspect pratique. Un second colloque sur le thème de l’e-administration, et plus précisément consacré à l’ouverture des données sous l’angle de la satisfaction des citoyens, réunissait hier des experts des secteurs public et privé. L’intégralité des interventions sera prochainement diffusée sur connexite.fr, sous forme de vidéos et commentaires.

Les résultats d’une enquête Berger-Levrault/Harris Interactive, démontraient déjà, l’an dernier, que les Français avaient pris acte de l’aspect inéluctable de la dématérialisation des services publics, mais qu’ils restaient très partagés sur leur développement, souvent par peur de voir leurs données personnelles rendues publiques de manière non contrôlée.

Entre "ni trop" et "ni pas assez"

Tout comme l’an dernier, ce nouveau baromètre indique que la dématérialisation des services publics partage les Français : 27 % la jugent trop présente (versus 22 % en 2011), 26 % (versus 22 % en 2011) déclarent au contraire qu’il n’y a aujourd’hui pas assez de possibilités offertes d’effectuer des démarches en ligne, 44 % se situant entre les deux positions et considérant que ces possibilités ne sont ni trop ni pas assez importantes.

Plus rapide, mieux adapté mais parfois compliqué

Une majorité de Français reconnaît le côté avantageux de l’enregistrement de données personnelles en ligne. Ainsi 77 % se déclarent d’accord avec l’idée selon laquelle "cela permet d’effectuer des démarches administratives plus rapidement et de gagner du temps grâce aux données préenregistrées", 57 % pensent que "cela permet d’offrir un service plus adapté à chacune des situations personnelles". Un bémol cependant : 63 % estiment qu’il est « parfois difficile de se servir de ces services en ligne".

Entre craintes et interrogations

Toutefois leurs réticences s’expriment dans leur crainte d’une possible déshumanisation des services publics (huit Français sur dix considèrent que "cela entraîne une perte de contact aves les agents des administrations publiques et que l’on risque de ne plus pouvoir parler à quelqu’un directement lorsqu’on en a besoin") et leurs interrogations sur la sécurisation et la confidentialité des données enregistrées en ligne (52 % jugent que "la sécurité n’est pas garantie et qu’il n’est pas impossible qu’un jour ces données soient rendues publiques" ; 79 % pensent qu’il est "risqué d’enregistrer des données personnelles sur les sites d’administration, elles peuvent être piratées à des fins malhonnêtes comme des usurpations d’identité, des utilisations frauduleuses de cartes bancaires… ").

Ce qu’ils sont prêts à enregistrer

Malgré tout, les internautes se montrent relativement prêts à enregistrer certaines données personnelles sur le site d’une administration, notamment : les données d’état civil (21 % l’ont déjà fait ; 55 % sont prêts à le faire), les données relatives à leur situation familiale  (18 % l’ont déjà fait, 46 % sont prêts à le faire), ou encore celles ayant trait à leur situation professionnelle (13 % l’ont déjà fait, 45 % sont prêts à le faire), mais aussi celles relatives à leur origine (9 % l’ont déjà fait, 43 % sont prêts à le faire) voire celles concernant leur casier judiciaire (5 % l’ont déjà fait, 43 % sont prêts à le faire).

Leurs réticences

En revanche, majoritairement, ils ne sont pas prêts à enregistrer des informations relatives aux prestation sociales dont ils bénéficient (51 %), à leur dossier médical (65 %), à leurs revenus (65 %) ou à leurs coordonnées bancaires (75 %). Toutefois ces proportions sont en baisse sensible par rapport à l’enquête précédente.

Open Data : un outil citoyen

Quant à l’Open Data, "l’accessibilité à tous via Internet des données publiques non nominatives collectées par les organismes publics" apparaît globalement positive aux internautes. Ainsi 77 % estiment que cela "va permettre aux étudiants, chercheurs et universitaires de mener leurs travaux plus facilement et de favoriser les découvertes et avancées". Par ailleurs, plus de six Français sur dix considèrent que "les données sont collectées à partir de l’argent public et que tous les citoyens doivent pouvoir y avoir accès" et 59 % que cela "permettrait aux citoyens de mieux comprendre l’action publique et de s’impliquer davantage". Enfin, pour 49 % d’entre eux, l’Open Data est gage de transparence et renforce la démocratie.

Aller plus loin

Les résultats du sondage Harris Interactive pour Berger-Levrault

Accéder au site du colloque

 

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