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Mercredi 04 Juin 2014

La crise a creusé les écarts de croissance entre régions

Au moment où l’exécutif propose le passage de 22 à 14 régions dans le cadre de sa réforme territoriale, soulevant au passage quelques grincements de dents, quelques "grondements" dirait en substance Manuel Valls, de la part d’élus plutôt rétifs à certaines unions qu’ils jugent "contre-nature" et contre-productives, la publication Insee Première consacre fort opportunément son numéro de juin à la croissance dans les régions, soulignant l’accroissement de leurs disparités depuis la crise, ce, sur la base de six constats : les évolutions régionales se différencient plus fortement après 2008 ; la démographie favorise la croissance des régions atlantiques et méditerranéennes ; la croissance est plus faible dans le quart nord-est ; crise et reprise ont été accentuées en Île-de-France ; le PIB par habitant croît davantage dans les Pays de la Loire et en Corse ; les écarts régionaux de productivité apparente du travail s’accroissent. Un tour de France des régions sous l’angle de la croissance complété par deux zooms, l’un sur l’évolution du PIB dans les départements d’outre-mer, l’autre sur l’intérêt à différencier effet structurel et effet propre des régions.

Les auteurs de l’article publié par l’Insee rappellent, en préambule, qu’"au cours des vingt dernières années, la France a subi deux récessions économiques, c’est-à-dire deux périodes de recul du produit intérieur brut (PIB) : en 1993 et en 2008-2009". La seconde, d’origine financière et plus longue que la première, a eu, entre autres conséquences, celle d’une baisse de l’activité plus intense, qui se traduit par la difficulté pour plusieurs régions à retrouver leur niveau d’activité antérieur. "De 2008 à 2011, les rythmes d’évolution divergent plus fortement, certaines régions ne parvenant pas à sortir de la récession : les taux s’échelonnent de -1,2% par an en Bourgogne à +1,9% par an en Corse". Et les auteurs de préciser : "Seule la Corse n’a pas subi de baisse de son PIB  en 2008-2009".

Quant à la démographie, facteur de croissance, Insee Première note que "l’activité tend à se développer davantage dans les territoires où il faut répondre aux besoins d’une population croissante". C’est le cas pour les régions de l’Ouest, le pourtour méditerranéen et Rhône-Alpes. "Par ailleurs, poursuit l’Insee, les apports migratoires tendent à être plus importants dans les régions où l’activité est la plus dynamique". Parmi les facteurs expliquant ce dynamisme : le climat, le cadre de vie, certaines politiques publiques locales, des aides européennes concernant notamment l’aménagement du territoire, mais aussi le dynamisme de grandes métropoles. Le bénéfice de ce dernier facteur se vérifie d’ailleurs par ce constat que les dix régions, hormis la Corse, qui ont retrouvé ou dépassé en 2011 le niveau de PIB de 2008, sont celles qui ont le PIB le plus élevé et où sont souvent situées les plus grandes métropoles françaises : Aquitaine, Poitou-Charentes, Île-de-France, Pays de la Loire, Haute-Normandie, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Rhône Alpes, Basse-Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Parmi celles-ci, relève l’Insee, "trois présentent une dynamique propre, notamment démographique, plus particulièrement favorable, qui leur a permis de retrouver plus rapidement le niveau du PIB antérieur à la récession : Aquitaine, Poitou-Charentes, Pays de la Loire".

S’agissant de l’Île-de-France, c’est la région qui, avec la Champagne-Ardenne, a connu la plus forte récession en 2009 (respectivement -4,9% et -4,2%). Cependant, si, pour l’Île-de-France, le choc a été particulièrement brutal en 2009, du fait notamment de sa large ouverture aux échanges extérieurs, "la phase de reprise y est également précoce", remarque l’article.

Pour en revenir aux écarts interrégionaux, ceux concernant le PIB par habitant font apparaitre un certain nombre de constats : il est le plus élevé dans la région Île-de-France, il est le plus faible en Limousin. La Corse, qui occupait cette position de lanterne rouge en 1993, a su remonter à la quatorzième place des régions. Une amélioration partagée avec les Pays de la Loire (passant d’un PIB par habitant inférieur de 2,3% à celui de la moyenne des régions de province en 1993 à un PIB supérieur de 3,4%), et, à un degré moindre, l’Aquitaine et Midi Pyrénées. Inversement, l’Alsace et la Lorraine font partie des régions dont la situation s’est dégradée.

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Insee Première n° 1501-Juin 2014

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