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Vendredi 10 Octobre 2014

Comment l'open data forge l'administration de demain

La puissance publique sera challengée par les logiciels : telle est l’affirmation de Marc Andreesen, entrepreneur de la Silicon Valley, relayée par Henri Verdier, administrateur en chef des données de l’État. Le tout nouveau chief data officer, fonction nouvelle pour un État est également le directeur d’Etalab qui a lancé la plateforme d’open data française (data.gouv.fr) en décembre 2013. La conférence qu’il a tenue hier à Sciences Po témoigne de l’ambition étatique d’ouvrir les données pour transformer l’administration.

Le titre de la conférence (« Comment l’open data transforme l’action publique ? ») était une première prise de position : l’heure n’est plus à s’interroger sur l’opportunité d’ouvrir les données mais à celle des effets de cette ouverture. L’action publique de demain n’est pas seulement une intervention, mais aussi une interface qui permet aux administrés/usagers soit de créer eux-mêmes un service, soit de trouver les informations seuls.

Trois exemples concrets de services sont présentés : Open fisca, mesdroit.gouv.fr et les marchés publics simplifiés.

Open fisca est un logiciel de simulation des prélèvements obligatoires tant à un niveau microéconomique (ménages et entreprises) que macroéconomique puisque les politiques fiscales peuvent y être analysées. Comme tout moteur, il suffit de l’alimenter avec une donnée (ou un ensemble de donnée) : ainsi, ce même logiciel peut traduire de larges données fiscales françaises (via data.gouv.fr) comme étrangères (une version tunisienne est en cours de développement).
Le site mesdroits.gouv.fr, qui sera dévoilée dans quelques mois, permet à tous les citoyens de savoir quelles aides leur sont ouvertes, et d’accéder à une simulation de montant.
Les marchés publics simplifiés, c’est-à-dire soumis à la procédure du « dites-le nous une fois », sont rendus possibles par l’ouverture de cinq bases de données (fiscales, greffes des tribunaux de commerce…) qui sont désormais mises en relation.
Ces deux dernières initiatives sont des développements effectués par l’administration, Open fisca ayant été épaulé par Etalab après son lancement.

Au-delà des services rendus, l’objectif du chief data officer est d’établir une nouvelle relation entre les citoyens et leur administration en poussant un modèle qui existe déjà depuis 1789 avec l'article 15 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Plus que la transparence, l’open data recherche de l’accountability ou, pour le dire en français, une responsabilité politique comme administrative. Plus que l’émergence de nouveaux services, telle est sans doute la transformation la plus nette de l’action publique.

Nouvel outil de l’État de droit, l’open data est, selon la formule d’Henri Verdier, la somme des Droits de l’Homme et du web 2.0.

Lire également :

Henri Verdier et Nicolas Colin, L'âge de la multitude: Entreprendre et gouverner après la révolution numérique, Armand Colin, 2012

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