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Vendredi 21 Octobre 2016

Les centres-villes malades de la désertification commerciale

"Depuis 15 ans, nos centres-villes ont régulièrement perdu des commerçants. Aujourd’hui 1 local sur 10 est inoccupé", a alerté Martine Pinville, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire, à l’occasion de la remise, le 20 octobre, du rapport sur la revitalisation commerciale des centres-villes par l’inspection générale des finances (IGF) et le Conseil général du développement durable (CGEDD). Constat qualifié de "préoccupant", celui d’une "accentuation du phénomène de la vacance commerciale dans les centres-villes" avec un taux de 10,4 % en 2015, à comparer avec celui de 6,1 % en 2001.

Les villes moyennes (de 10.000 à 100.000 habitants) sont particulièrement touchées. Cela peut être le résultat de la conjugaison de trois phénomènes : un tissu socio-économique fragile, un déséquilibre concurrentiel entre les commerces de périphérie et du centre-ville et la perte d’équipements structurants ou de services du quotidien.

L’IGF et le CGEDD préconisent le lancement d’un agenda "Commerces en cœur de ville" mobilisant à la fois, et de manière concertée, les commerçants et les collectivités territoriales, l’Etat venant en appui avec des outils adaptés. Il s’agit de "donner une direction et une cohérence à une série d’actions, pour une reconquête commerciale des centres-villes en France", reposant sur trois dynamiques :
- celle des commerçants, les premiers acteurs de la vitalité commerciale d’un centre-ville, individuellement en tant qu’entrepreneurs et collectivement par une coordination à toutes les échelles pertinentes ;
- celle des collectivités locales, dans la définition, avec les professionnels concernés d’une stratégie globale pour le centre-ville incluant la dimension du commerce ;
- celle de la mobilisation, dans un cadre national, et en accompagnement des acteurs privés et publics du centre-ville, d’outils renforcés pour organiser l’offre commerciale et un appui financier ciblé.

Le rapport formule 16 recommandations articulées autour de cinq leviers d’action structurels :
- une incitation à définir des stratégies locales pour le développement du commerce ;
- une meilleure organisation de l’offre commerciale avec le maintien des équilibres entre centre et périphérie ;
- une bonne coordination des acteurs ;
- un accompagnement des commerçants dans leur adaptation au commerce de demain ;
- une mobilisation et une gestion du foncier commercial par la puissance publique en cas de défaillance du marché.

La mise en œuvre de cet agenda serait suivie dans le cadre de la commission de concertation du commerce créée par le décret du 19 octobre 2015.

Exprimant son intention de « mettre à disposition des moyens humains et logistiques renforcés auprès des villes et des commerçants, avec la création d’outils innovants » dès 2017, la secrétaire d’Etat a annoncé qu’une partie des moyens du Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (FISAC), à hauteur de 1 million d’euros, y serait consacré.

Aller plus loin

Le rapport "La revitalisation commerciale des centres-villes"

Les 16 propositions

Le décret n° 2015-1311 du 19 octobre 2015 relatif à la commission de concertation du commerce

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