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Mardi 03 Janvier 2017

Une belle année 2016 pour l’écosystème digital français, une année 2017 prometteuse

Les jeunes pousses hexagonales bien irriguées

En cette année 2016, les comptes bancaires de la French Tech ont connu de grands mouvements positifs : nous avons assisté à une forte augmentation des capitaux alloués au capital-risque français, à l’affirmation d’une appétence forte des investisseurs pour les solutions innovantes qui se développent sur l’ensemble du territoire, et à l’explosion des financements injectés dans les jeunes pousses hexagonales.

Ainsi, les investisseurs français se sont distingués avec brio cette année, notamment la Banque publique d’investissement (BPI France) qui a fait preuve d’un solide appétit et d’une haute ambition  : en 2016 c’est en effet l’investisseur le plus actif en Europe avec 40 investissements (contre seulement 14 pour le fonds britannique Index Ventures qui arrive en seconde position). D’autres acteurs français ont aussi vigoureusement participé à cet élan de financement : le fonds privé Kima Ventures de Xavier Niel est ainsi le sixième investisseur le plus actif en Europe avec dix investissements alors que dans le même temps, à titre personnel, Xavier Niel a lui-même mené six investissements ! Une tendance qui ne semble pas prête de faiblir puisque le fonds de Venture Capital français Partech Venture vient tout juste d’annoncer la clôture de son dernier fonds de seed (investissements dans les projets très embryonnaires) de 100 M€, destiné à soutenir financièrement près de 80 startups en 2017.

Du côté des startups, l’écosystème digital français peut aussi se vanter d’avoir été très actif et d’avoir accouché de très belles réussites et confirmations entrepreneuriales, ayant réussi à trouver un marché fructueux et à attirer d’importants investissements financiers. En effet l’an dernier seuls "BlaBlaCar" et "Sigfox" avaient réussi à concentrer des financements supérieurs à 100 M€ (respectivement 177 M€ et 100 M€) alors que cette année ce sont bien quatre startups qui ont atteint ces niveaux et reçu cette preuve de confiance : le fournisseur d’hébergement Web et de Cloud Computing "OVH" (267 M€), à nouveau la solution de réseau bas débit pour les objets connectés "Sigfox" (150 M€), le constructeur d’enceintes haut de gamme "Devialet" (100 M€) et le site d’écoute de musique à la demande "Deezer" (100 M€).

Ainsi la France est véritablement en train de s’affirmer comme une terre d’investissement et de développement propices pour les startups : l’étude de CBS Insights du mois dernier montre d’ailleurs que notre pays s’est rapproché des niveaux financiers du Royaume-Uni, qui nous semblaient pourtant inatteignables autrefois. Ainsi, comme nous le notions dans un article précédent, sur le troisième trimestre de l’année 2016 la France a attiré 857 M$ d’investissements, soit seulement 7% de moins que le Royaume-Uni et ses 919 M$ d’investissement. Et nous sommes très loin devant l’Allemagne qui a vu "seulement" 462 M$ investis sur ses terres. Bien sûr cette percée de la France peut s’expliquer par le Brexit, qui a véritablement redistribué les cartes : l’argent investi outre-Manche entre les deuxième et troisième trimestres 2016 s'est élevé à seulement 76 M$ contre 1.5 Md€ à la même période en 2015 (alors que dans le même temps la France a reçu 584 M$ de capitaux contre 198 M$ à la même période en 2015). C’est un véritable retournement de situation tant les ordres de grandeur auxquels nous étions habitués dans le passé étaient de l’ordre de 1 à 7 en faveur du Royaume-Uni. Sur cette belle lancée, 2017 s’annonce donc bien juteuse pour les jeunes pousses hexagonales.

Affirmation du softpower français et de la visibilité des startups hexagonales dans le monde

Bien sûr, ces levées de fonds qui ont fait les gros titres de la presse spécialisée aux quatre coins du globe ont fortement participé au renforcement de la visibilité et du "softpower" de la French Tech, mais d’autres éléments ont poussé dans cette direction comme la constante et très forte représentation de startups françaises lors des grands événements internationaux : par exemple au WebSummit qui avait lieu au début du mois dernier à Lisbonne (et qui demeure le plus gros événement européen sur les questions technologiques) la délégation française était la plus nombreuse avec plus de 100 entreprises hexagonales ayant fait le déplacement. De plus au CES de Las Vegas (le "Consumer Electronics Show" qui est le plus important salon consacré à l'innovation technologique en électronique grand public dans le monde), les startups françaises sont tout le temps les plus nombreuses… et la prochaine édition du 5 au 8 janvier 2017 ne dérogera encore une fois pas à cette règle, comme le rapporte la journaliste Charlène Lermite : "Avec 36% des effectifs présents sur l’Eureka Park, l’espace dédié aux startups, la French Tech est la première délégation mondiale". En effet environ 220 jeunes pousses françaises ont déjà confirmé leur présence lors de ce salon emblématique.

Aussi, des icônes de la scène technologique mondiale ont adoubé la France, comme Mark Zuckerberg et sa décision d’installer le premier centre de recherche scientifique de Facebook hors des Etats-Unis à Paris, ou le patron de Cisco John Chambers et sa fameuse affirmation : "France is the next big thing" (la France est la prochaine révolution). La French Tech fait beaucoup plus parler d’elle qu’auparavant dans les publications de référence étrangères (souvent en bien, mais quelquefois en mal aussi comme dans ce mémorable article assassin de Jon Evans pour Tech Crunch qui avait fait couler beaucoup d’encre).

En 2016, Paris a recensé plus de 20.000 startups (plus que Berlin et légèrement moins que Londres). La France s’est véritablement affirmée sur la carte du monde des startups et de l’innovation.

 

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