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Jeudi 10 Septembre 2015

Accueil des réfugiés : les maires se positionnent avant la réunion du 12 septembre place Beauvau

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a rappelé en Conseil des ministres du 9 septembre son invitation aux maires, le 12, à une réunion "destinée à assurer la coordination et l’articulation des initiatives d’accueil des collectivités avec les dispositifs existants". Ce, notamment suite à l’annonce, le 7 septembre, par le président de la République, François Hollande, de sa décision d’accueillir 24.000 réfugiés dans les deux prochaines années, à répartir sur le territoire, les maires étant en première ligne, et la nomination, par le ministre de l’Intérieur, du préfet Kléber Arhoul comme coordinateur national, "interlocuteur des élus" chargé d’organiser avec eux l’accueil des réfugiés dans leurs villes. D’ores et déjà, selon France 3, "plus de 200 villes se sont dites prêtes à accueillir des réfugiés. Ils seront 1.000 à arriver en France d’ici vendredi".

Quant aux différentes associations de maires, qui ont répondu positivement à l’invitation à la réunion  du 12 septembre, elles posent au préalable leurs propres jalons, voire leurs conditions, tout en assurant le Gouvernement de leur bonne volonté à remplir leur engagement dans le cadre du plan national

L’Association des maires de France (AMF), qui a été reçue le 8 septembre par Bernard Cazeneuve en sa personne de François Baroin, son président, a fait savoir, dans un communiqué, qu’elle était "aux côtés de l’Etat pour réussir l’accueil des réfugiés" et qu’elle "travaillera très étroitement avec le coordinateur national", ce, "dans une démarche d’humanité et de responsabilité". C’est ainsi qu’elle a fait part au ministre d’"un certain nombre de points très concrets reflétant les questions que se posent les élus municipaux", dont :
- la définition des personnes concernées par le dispositif – "exclusivement des personnes ressortissantes de pays en crise (Syrie, Irak, Erythrée)" – ;
- le nombre des réfugiés attendus ;
- la saturation des centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) ;
- la répartition territoriale des demandeurs d’asile et des réfugiés et les modalités de la concertation avec les communes et les intercommunalités ;
- la prise en charge par l’Etat des dépenses supplémentaires occasionnées pour les communes et les intercommunalités.

Les maires de grandes villes et présidents d’intercommunalités ont exprimé leur souhait de "prendre [leur] juste part à l’accueil des réfugiés sans distinction d’origine ou de religion" et attendent de la part de l’Etat des "réponses concrètes sur les conditions d’accueil […] et des moyens pour leur accompagnement dans la durée". Ils attendent notamment du plan national qu’il prévoie "un effort équilibré territorialement" et prenne en compte "les situations locales spécifiques à chaque commune".

Quant aux maires des villes moyennes (association "Villes de France"), ils rappellent que "la gestion du droit d’asile est une compétence régalienne de l’Etat", tout en se déclarant prêts, "compte tenu de la situation d’urgence, […] à accompagner l’Etat pour faire face à cette crise humanitaire". Un principe cependant : "L’accueil des réfugiés doit se faire dans un premier temps sur la base du volontariat des communes." Eux aussi demandent une compensation financière de l’Etat. Ils souhaitent également que soit prévu, conjointement par l’Etat et les communes, "dès l’accueil des réfugiés, un mécanisme de suivi et d’intégration (scolarisation, services sociaux, alphabétisation, travail…), organisé sous l’égide de l’Etat".

Enfin, pour Vanik Berberian, président de l’association des maires ruraux de France (AMRF), dont les propos ont été repris par Localtis, "il importe que toutes les conditions soient réunies pour assurer le succès de cet accueil, en particulier l'assurance que l'Etat assumera dans la durée les responsabilités qui sont les siennes. Il importe aussi que cet accueil dans les communes rurales ne soit pas de la seule initiative du conseil municipal mais résulte également d'un engagement des habitants".


Aller plus loin

Le communiqué de l’AMF

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